J'ai eu un de mes frères au téléphone (tu sais, par rapport à Noël, tout ça...). On a pu discuter un peu (la discussion qu'on aurait du avoir en fait depuis deux ans déjà...) et je pense qu'on va pouvoir arriver à un changement certes mais une solution qui fera plaisir à tout le monde, il faut qu'on en reparle tous ensemble.
J'ai essayé de lui expliquer que ça avait résonné plus fort et plus douloureusement pour moi cette année parce que globalement ça n'allait pas trop bien en fait. Que c'était épuisant d'avoir des projets qui n'aboutissaient pas... Et de les voir se réaliser chez les autres en prime.
Il m'a dit qu'il fallait relativiser. Qu'on était jeunes et qu'on avait encore du temps devant nous. Qu'on avait de bons boulots et une bonne vie sociale. Qu'on était pas les seuls à vivre cette situation pour le bébé et que pour la mutation ce n'était pas donné à tout le monde de pouvoir partir comme ça loin...
J'ai eu envie de lui dire que depuis deux ans et demi qu'on attend cet enfant qui ne daigne pas venir, on ne vit pas. Parce que ça me bouffe littéralement et que je ne peux m'empêcher de prévoir ce qu'on fera en fonction d'une éventuelle grossesse... Parce que c'est quand même le plus grand objectif de ma vie, et que si je ne l'atteins pas, je n'aurai pas vécu.
Mais j'ai simplement dit que ce n'est pas parce que d'autres vivaient la même chose, ou pire que c'a en devenait plus simple pour nous, quant à la mutation, certes ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir partir loin, mais si on ne fait que se comparer aux autres, personne ne peux jamais se plaindre ni se permettre de ne pas avoir le moral, car il y a toujours pire...
Je ne lui ai pas dit que je prenais de moins en moins de plaisir dans mon boulot, parce que certains matins et de plus en plus souvent, je n'ai envie de rien, je ne sors même pas, ne me lave même pas, j'ai juste envie de rester dans mon lit pour toujours.
Il m'a quand même dit que si j'avais besoin de lui parler il était là, même s'il n'avait pas forcément les réponses adaptées. Il s'est rendu compte que ça m'aidait pas.
Alors, je ne sais pas. Peut-être que c'est moi qui me trompe et que je dois effectivement relativiser et arrêter de me plaindre, parce qu'il y a pire. Mais c'est pas parce que j'arrêterai de me plaindre que j'irai mieux et que ce grand vide dans mon coeur sera moins douloureux. Je ne comprends pas comment les gens peuvent penser que ça va nous faire du bien d'entendre des "il y a pire dans la vie". Je sais que seuls ceux qui l'ont vécu de près ou ceux qui sont extraordinairement empathiques peuvent se rendre compte de ce qu'on vit. Mais un simple mot gentil, ou un mot d'encouragement suffit souvent. Pourquoi toujours minimiser cette souffrance ?